Cette année, j’emmène Thierry Dumas comme pilote au RTT à Belfort. Nous rejoignons la gare de Lyon pour prendre le TGV. Comme nous avons du temps, nous pique-niquons sur une place ensoleillée avant de prendre notre train. C’est une première pour Thierry mais pour moi, c’est le 9e RTT.
J’apprécie ce séjour car il me permet de retrouver des amis même si l’on ne se voit qu’une fois par an. C’est aussi l’occasion de faire connaissance de nouveaux venus. En effet, nous venons des quatre coins de France et même de Suisse et de Belgique. Cette année, 55 tandems sont présents. C’est la première fois qu’il y en a autant.

Thierry, Laurence et Jean-Luc
Nous sommes accueillis à la gare de Belfort Montbéliard TGV par une bénévole qui nous conduit à l’hôtel Louisiane, lieu d’hébergement du séjour. Thierry et moi nous installons dans nos chambres. Je partage la mienne avec Isabelle, adhérente du Cyclo d’Oye, club organisateur avec le RTT.
Une fois installés, nous redescendons au bar, point de rencontre général. Comme il fait beau, nous nous installons en terrasse, beaucoup moins bruyante que le bar lui-même. Thierry retrouve par hasard une déficiente visuelle avec qui il a travaillé en région parisienne par le passé. Le monde est vraiment petit !
Pour ce premier soir, nous profitons d’un buffet. C’est un peu la cohue mais les choses s’organisent peu à peu. Au cours du repas, Laure, la nouvelle présidente du RTT nous donne des informations pratiques sur le déroulement du séjour puis Martial, président du Cyclo d’Oye, détaille les parcours du lendemain. Etant donné notre nombre, il y aura trois groupes au lieu de deux. On retrouve bien sûr les gros et les petits mollets, mais en plus, il y aura les moyens mollets, groupe dont nous allons faire partie. Nous ferons le même parcours que les petits mollets mais à une allure un peu plus soutenue.
Vendredi 8 mai : Avant de prendre le départ, nous faisons connaissance avec notre monture que nous testons sur le parking d’une grande enseigne de bricolage à proximité. Pour cette journée, nous participerons à La Ronde des Loups, sortie organisée par le club de Danjoutin. Elle propose aussi bien du VTT, du vélo de route ou de la randonnée pédestre. Chaque inscrit à cette randonnée donnera un euro au profit de Rétina pour la recherche des maladies génétiques visuelles.

Laurence avec le club Cyclo d’Oye
Chacun de nos trois groupes passera au point de départ à Andelnans pour récupérer nos feuilles de route. Nous sommes encadrés par des cyclos locaux. Il y a un capitaine de route, un serre-fil et deux cyclos qui naviguent entre le début et la fin du groupe pour faire remonter les informations.
Ca y est, l’aventure est lancée. La matinée est fraîche et le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Nous sommes rapidement dans la campagne. Le paysage alterne entre forêts, pâturages, cultures de blé ou de maïs. Nous passons devant de nombreuses fermes que l’on reconnaît à l’odeur. En effet, il y a beaucoup d’élevage pour le lait mais peu de bêtes sur le pré. Elles sont plutôt en stabulation. Nous traversons aussi de jolis villages avec parfois des maisons à colombage. Nous faisons quelques arrêts regroupements pour éviter d’être trop étirés sur la route.
Nous avons un ravitaillement à Montreux le Château où nous attendent de bonnes choses à déguster. C’est la première fois que je vois du saucisson et du comté en plus de tout ce qui est proposé d’ordinaire.

Laurence pique nique.
Nous poursuivons ensuite notre parcours. Les routes sont belles mais il y a aussi de nombreuses vraies pistes cyclables agréables à parcourir. Nous allons notamment en prendre une le long du canal Mulhouse-Montbéliard. Sur cette portion, nous en profitons pour faire une petite pointe de vitesse.
Pour la pause du midi, nous arrivons au fort de Bessoncourt. Le soleil est bien sorti et il fait beau. Les tables sont installées dehors. Chacun prend son sac de pique-nique et se pose à sa guise. Après le repas, une visite du fort est organisée pour ceux qui le souhaitent. Thierry et moi en profitons. Nous apprenons ainsi que le fort n’a jamais servi sauf pour les exercices des soldats ou comme hôpital. Il a une surface de 7ha et un périmètre de 11ha. Un trait rouge au plafond montre le blindage de certaines parties. On entre dans la salle de repos où dormaient les soldats. On prend ensuite des couloirs qui s’enfoncent dans le fort.

Le fort de Bessoncourt
Le guide nous montre les latrines bien organisées pour l’époque car tout était revendu. Les excréments servaient pour l’engrais des fermes tandis que l’eau de vaisselle et les restes de nourriture servaient à nourrir les cochons. Nous visitons ensuite la pièce où se trouvait la tourelle. Cette pièce est très haute avec un plafond comme une coupole. Il y a un trou pour sortir la tourelle. Pour savoir comment l’orienter, il y avait un cercle métallique sur lequel étaient gravées chacune des positions, ce qui permettait à l’artilleur de pouvoir la guider de nuit ou dans le brouillard.
Après ce moment de pause bien agréable, il nous faut repartir. Notre parcours de l’après-midi est plus vallonné avec, sur la fin, la montée du Salbert qui a un pourcentage important. En haut des côtes, Thierry me décrit de belles maisons dont certaines ont une vue magnifique sur de petits lacs et la forêt.
Nous revenons à Andelnans pour signaler notre retour. Le président du club de Danjoutin nous annonce qu’il y a eu 700 participants à la Ronde des Loups. Il nous remercie et nous faisons une photo des moyens mollets en souvenir.
Nous avons fait 83 km avec un dénivelé de 720 m.

Laurence en discussion avec Thierry
De retour à l’hôtel c’est la détente au bar ou sur la terrasse.
Après le repas du soir, une troupe de théâtre vient nous proposer un spectacle d’improvisation. C’était vraiment très bien et je pense pas toujours évident pour les comédiens.
Samedi 9 mai : Ce matin, nous partons à 9h toujours en trois groupes. Nous passons par Andelnans et prenons une autre direction pour varier les plaisirs. Les moyens mollets dont nous sommes feront le petit parcours le matin et le grand l’après-midi mais à notre rythme, sans suivre les gros mollets. Sur les pistes cyclables nous avons droit à un véritable concert de grenouilles. Nous passons dans des endroits assez industrialisés contrairement à la veille. Le début de matinée fut un peu difficile car nous avons dû mettre pied à terre souvent pour passer des chicanes. Mais avec de la patience, on arrive à tout. On finit par reprendre la route en retrouvant la forêt. On monte une grande côte de 13 kms avec des passages à 7,4% entre Montbouton et Croix. Une fois en haut, un ravitaillement nous attend. Nous sommes très proches de la frontière suisse et avons une vue magnifique sur le Jura Suisse enneigé d’un côté et les ballons d’Alsace bien dégagés de l’autre.

Parmi les participants un beau barbu
Nous quittons Croix par un autre côté avec une très belle et grande descente en passant par Saint- Dizier-l’Evêque avant d’arriver à Delle, autre lieu de ravitaillement offert par la commune. Thierry me décrit la mairie aux façades blanches avec des fenêtres cintrées encadrées de pierres.

Laurence devant la mairie
Après ce nouvel arrêt, nous reprenons notre parcours tantôt sur la route, tantôt sur des pistes cyclables pour arriver à Grandvillars. Nous nous installons sur un vaste terrain dépendant d’un complexe sportif. En effet, il y a des terrains de tennis, un terrain de foot, un gymnase et un restaurant.
Comme la veille, nous récupérons nos pique-niques et mangeons à l’ombre d’un arbre car il fait chaud.
Nous profitons du regroupement de tous les tandems pour une photo collective avec les bénévoles. Cela fait beaucoup de monde.
Il est déjà temps de repartir sur le parcours encore plus vallonné que le matin. Avec la digestion, les premiers kilomètres sont un peu difficiles mais on reprend peu à peu le rythme. On fait une halte l’après-midi à Brebotte où se trouve le musée de l’outillage agricole avec un ravitaillement. Thierry m’explique et me fait toucher des machines qui ont servi avant l’arrivée des premiers tracteurs. Il y a une herse, des calèches, une faucheuse, une charrue et un corbillard tous tirés par les chevaux. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de tout visiter car il faut déjà reprendre nos montures.

Laurence prend la pose
A Froidefontaine, nous avons la chance de voir quatre mères cigognes volant prêt de nous intriguées par ce convoi de tandems. Notre capitaine de route nous explique qu’elles sont aux aguets car les nids avec des jeunes sont proches.
Nous finissons notre parcours et revenons à l’hôtel après avoir fait 81 km avec 508 m de dénivelé.
Ce soir, il y a le repas de gala. Chacun se fait beau pour l’occasion.
L’apéritif et le repas sont servis à table. Nous mangeons avec les troyens. Arrivés au dessert, il y a le tirage au sort des lots de la tombola avant que ne se termine la soirée.
Dimanche 10 mai : Ce matin, il n’y a plus que deux groupes petits et gros mollets car un certain nombre de cyclistes habitant un peu loin décident de repartir. Notre parcours sera d’une trentaine de kilomètres en tournant autour de Belfort. On circule toujours sur les pistes cyclables.
On longe un canal à sec, on retrouve un étang croisé la veille où se déroule un festival une fois par an Pop Rock, et on a un ravitaillement à Valdoie offert par la commune. Nous rentrons ensuite dans Belfort pour aller sur la place au pied de la forteresse et de son lion. Nous avons des explications historiques données par Valentin.

Laurence devant le Lion de Belfort
Nous rejoignons l’hôtel en passant par Danjoutin.
A l’arrivée, nous récupérons notre matériel, rendons le tandem et nous changeons avant d’aller manger. Certains partent avec les pique-niques alors que nous profitons du buffet.
Nous prenons le bus pour rejoindre la gare de Belfort Montbéliard TGV et arrivons à Paris sous des trombes d’eau.
Merci à l’ensemble de l’organisation pour ce beau séjour qui encore une fois, a permis de rassembler la France entière et même plus grâce à nos amis Belges et Suisses. On se retrouve avec tellement de plaisir !
Laurence Agro