Une balade normande arrosée !

Ce samedi 27 avril 2024, le réveil sonne à 5 H 30, c’est un levé très matinal en vue de participer à un Brevet Randonneurs Mondiaux (BRM) de 200 km. De plus, celui-ci est organisé par mon club, l’U.S Cergy Cyclo. C’est un objectif convenu avec mon pilote Bruno en début d’année et nous nous sommes préinscrits quelques jours auparavant. Avec lui, j’ai déjà réalisé en tandem un Paris – La Mer en 2019 mais c’est la toute première fois que nous allons faire un BRM ensemble. Pour ma part, c’est ma cinquième participation mais à chaque fois, c’est une aventure différente.

Ponctuel, Bruno est arrivé, il fait à peine jour, les oiseaux chantent à gorge déployée et le ciel est bien sombre. Nous enfourchons le tandem afin de nous rendre au lieu de départ, la MJC de Cergy-village, proche de mon domicile. Le temps n’est pas engageant, la pluie n’a pas cessé toute la nuit et le bitume est bien détrempé. Les prévisions météorologiques nous annoncent de grosses averses dans la journée.

Sur place, nous sommes chaleureusement accueillis par Lionel, notre président ainsi que Franck, Jean-Pierre, Jean-Marc, Michel, Monique, adhérents du club venus prêter main forte. Ils nous motivent et nous souhaitent bonne chance pour cette épreuve.

Avant de partir à 7 H, nous demandons à Jean-Marc de nous prendre en photo.

Bruno et Joseph au départ

Bruno et Joseph au départ

Nous quittons Cergy sous un ciel ennuagé, une température fraîche pour la saison et un vent faible. Rien à voir avec l’an passé où nous avions eu des rafales à plus de 60 km/h.

Au niveau du boulevard de l’Oise, Bruno est en train de regarder son GPS,  une fraction de seconde d’inattention, et c’est la chute. En effet, nous butons sur une bordure en béton permettant de délimiter la piste cyclable de la route. Plus de peur que de mal, il n’y a rien de cassé. On se relève, on se remet en selle sur le tandem et c’est reparti.

Assez rapidement, nous quittons l’agglomération pour suivre la vallée de la Viosne avec ses villages et routes de campagne du Val d’Oise que nous empruntons régulièrement, à force d’entraînement dans le Vexin. Pour l’heure, la cadence est régulière et le moral est bon.

A Serans, nous quittons l’Ile-de-France pour les Hauts-de-France et les routes de l’Oise. Juste après Vaudancourt, nous voilà à Boury où nous passons devant son magnifique château du XVII siècle construit par Jules Hardouin-Mansart. Ce dernier a été premier architecte et surintendant des bâtiments du roi Louis XIV, on lui doit  les réalisations les plus grandioses de cette époque dont le château de Versailles.

Le château de Boury (Oise) XVIIème siècle

Le château de Boury (Oise) XVIIème siècle

Par la suite, à Dangu, nous entrons dans le département de l’Eure et on change de région. Nous voilà en Normandie.

Au km 75, nous sommes à Ecouis, premier contrôle. C’est un village du Vexin normand avec une collégiale imposante qui surprend par rapport à la taille du bourg. De style gothique normand, sa façade principale est encadrée par deux tours massives qui se repèrent de loin.

Collégiale Notre-Dame d'Ecouis (XIVème siècle)

Collégiale Notre-Dame d’Ecouis (XIVème siècle)

Nous rentrons dans la boulangerie pour consommer une viennoiserie et faire tamponner nos cartes de route. Pas de souci pour moi, je la présente mais Bruno cherche dans ses poches et ne la trouve pas. Fort heureusement, un cyclo arrivé avant nous, l’ayant trouvé sur le trajet l’a rapportée dans ce commerce et la vendeuse la présente à Bruno. Effectivement, c’est bien la sienne. La chance nous sourit pourvu que ça dure.

Nous poursuivons l’itinéraire et le ciel est toujours bien gris. Entre Douville et Fleury, au bord de la rivière l’Andelle, le paysage est remarquable. Nous sommes proches des ruines de l’abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard  située à côté du cours d’eau, blottit au cœur de la  forêt domaniale de Lyons. C’est une abbaye cistercienne féminine datant du XIIe siècle, ses vestiges sont classés au titre des monuments historiques.

L'abbaye de Fontaine-Guérard (XIIème siècle)

L’abbaye de Fontaine-Guérard (XIIème siècle)

Juste après avoir traversé la rivière, une montée longue et sévère nous fait face mais nous avons anticipé en mettant le petit plateau avant de basculer sur une belle descente au milieu des bois. Ensuite, à Lisors, nous passons à proximité de l’abbaye de Mortemer fondé au XIIème siècle. Elle fut la première abbaye cistercienne de Normandie. Au KM 105, un faux-plat montant nous amène à Lyons-la-Forêt, notre deuxième contrôle. Ce village est au cœur de l’une des plus belles hêtraies d’Europe et à proximité de la rivière Lieure. Il fait partie des plus beaux villages français. Ses rues jalonnées de maisons à pans-de-bois et briques ont servi de décor  au cinéma pour « le film Madame Bovary » par exemple. Des artistes connus y ont trouvé leur inspiration tels que le célèbre compositeur Maurice Ravel et le peintre impressionniste Claude Monet.

Lyons la Forêt centre ville

Lyons la Forêt centre la ville

Maison où habitat Maurice Ravel

Maison où habitat Maurice Ravel

Nous nous empressons d’entrer dans la boulangerie pour faire tamponner nos cartes de route et acheter une collation méritée. La vendeuse est très vite débordée n’ayant pas l’habitude de voir autant de cyclos en même temps dans son commerce.

La grande halle de Lyons la Forêt

La grande halle de Lyons la Forêt

Cela devait arriver, nous repartons sous un crachin et à peine au bout de 2 km, nous avons en ligne de mire un cyclo et nous l’entendons qui grommelle. On se met à son niveau pour connaître son mécontentement, il nous dit avoir des soucis avec son GPS et n’a plus la trace du parcours. Bruno lui propose de prendre notre roue ce qu’il fait allègrement en nous remerciant. Par la suite, le parcours se révèle être encore vallonné, pas facile surtout pendant la digestion. La forme physique et le mental sont toujours au rendez-vous mais la pluie s’est épaissie et vu la couleur des nuages toujours anthracites, j’ai bien l’impression qu’elle ne va pas nous quitter jusqu’à Cergy., Nous avions anticipé cela en endossant nos vêtements de pluie dès le départ. Quant au vent, certes il est défavorable mais faible donc pas trop gênant. C’est à Saint-Germer-de-Fly que nous quittons la Normandie pour les Hauts-de-France en passant devant sa célèbre abbaye qui vaut le détour.

Abbaye de Saint-Germer de Fly (Oise)

Abbaye de Saint-Germer de Fly (Oise)

Encore 7 km et nous serons au Coudray-Saint-Germer, lieu de notre troisième contrôle. Avant d’y parvenir, nous avons une longue montée fastidieuse sur une route peu agréable. Nous voilà au Coudray où, d’un commun accord, nous décidons de faire une pause courte pour ne pas se refroidir eu égard à la pluie qui ne cesse de tomber. A la place du tampon d’un commerce sur notre carte de route, Bruno prend une photo de notre  tandem avec vue du panneau indiquant la localité

Après une petite dizaine de minutes, nous repartons et malgré les côtes (La Landelle, La Houssoye…) l’allure est plus soutenue car l’arrivée se rapproche et je pense qu’il est possible d’y arriver en moins de dix heures qui reste mon meilleur temps pour cette épreuve.

Deux jours auparavant, avec Bruno, nous avions fait une sortie jusqu’à Senantes dans l’Oise. Coïncidence, depuis Le Vauroux jusqu’à Cergy, c’était exactement le même itinéraire que celui de notre brevet.

 

Pas la peine de consulter le GPS, nous connaissons par cœur les derniers 20 km avec Marines, Ableiges, Boissy, Osny. Des routes souvent empruntés lors de nos randonné qui sont absorbées à vive allure.

L'église de Boissy l'Aillerie

L’église de Boissy l’Aillerie

Juste avant d’arriver la pluie cesse et le soleil nous fait un clin d’œil. Nous voici enfin de retour à la MJC de Cergy où nous faisons homologuer notre brevet accompli en 9 H 40, défi réussi.

Je remercie vivement Bruno, il a mené à bien son pari en accomplissant en tandem son premier BRM 200. Il m’a en outre décrit les différents paysages rencontrés  entre cultures et bocages,  les villages traversés et les animaux croisés, principalement des vaches  de race normande et prim’holstein. Quant aux cultures de colza, pas besoin de me l’annoncer, l’odeur caractéristique de ses fleurs se repère aisément et sa couleur jaune vif contraste fort bien avec le vert des champs.

Ce fut une belle aventure malgré un retour bien arrosé.

Un grand bravo à notre club cyclotouriste  pour son organisation qui a ravi les 32 participants inscrits.

De retour à Cergy aussi frais qu'au départ

De retour à Cergy aussi frais qu’au départ

Texte de Joseph Agro

Photo du départ : Jean-Marc Chamouton

Photo arrivée : Franck Meurisse

Autre photos : Michel Vilpoix

 

 

 

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